Good Morning Funan, c'est parti!!

Après plus de 2 ans de travail, il était temps pour Denis et Michael (l’auteur graphique du projet), rejoints en cours de route par Magali et Elise (les 2 scénaristes), de partir s’immerger au Cambodge afin d’enrichir le développement du film, de lui conférer une authenticité sur les faits historiques et sur ce qu’est vraiment ce pays. Patrick et Thomas ont rejoint à leur tour l’équipe à l’occasion de ce voyage. Au programme visites de Phnom Penh, des campagnes et des villages environnants, beaucoup de documentation sur les paysages, les habitations, le mode de vie des Cambodgiens, les marchés, la nourriture et les Cambodgiens eux-mêmes, leur physique, leur gestuelle, leurs coutumes, etc. Mais aussi beaucoup de travail sur le film lui-même, l’avancement du séquencier, des recherches graphiques et techniques…

jeudi 12 janvier 2012

Ces 4 derniers jours, nous avons enchaîné les recherches ! Nous sommes allés à la Bibliothèque Nationale, au Centre de ressources audiovisuelles Bophana, aux Archives Nationales du Cambodge, ainsi qu'au Document Center of Cambodia à Phnom Penh. L'objectif était de collecter des éléments de contexte nous permettant de nous inspirer d'autres faits réels pour préciser et enrichir l'univers de Funan.

La Bibliothèque Nationale a été assez décevante : ils possèdent effectivement une pièce réservée à des archives mais elles concernent toutes des ressources qui datent d'avant la période khmère rouge des années 70. (Remontant ainsi jusqu'au début du XXème siècle.)



Le Centre Bophana, lui, a été créé par Rithy Panh (réalisateur que l'on a évoqué dans l'article consacré à Tuol Sleng). C'est une petite bibliothèque et surtout un très grand réservoir d'archives audiovisuelles aux sources diverses (des images de l'INA, du Department Data Collection of Cambodia, de chaînes audiovisuelles françaises etc.) Nous avons ainsi pu visionner bon nombre de vidéos très précieuses sur la période khmère rouge (à la fois la manière dont les journalistes français ont pu couvrir le sujet, mais aussi des films de propagande de l'époque et des témoignages frappants).

Denis à Bophana

Les Archives Nationales du Cambodge, difficiles d'accès (payantes pour les étrangers), possède une grande banque d'images de l'époque (mais hélas très coûteuses : 10 $ l'image gravée sur un CD !) ainsi que de nombreux dossiers sur le sujet. (Nous en avons très peu parcourus, faute de temps : les horaires d'ouverture restent assez restrictifs.)

Le Document Center of Cambodia est un institut de recherche indépendant créé par l'un des survivants du régime khmer rouge. Il est en association avec l'Université de Yale. C'est à ce jour probablement le plus grand centre de ressources sur la période khmère rouge. Nous avons pu découvrir un certain nombre d'ouvrages, peu répertoriés ou accessibles en France, contenant de précieux témoignages ainsi que des photos de l'époque en couleur. (Très utiles pour les graphismes.)



Une référence intéressante que l'on a pu trouver.

Enfin, nous sommes régulièrement passés à l'Institut Français du Cambodge. Le lieu possède un restaurant tout à fait sympathique et accessible, tout comme une librairie fournie en livres français, anglais et khmers. La libraire, qui parle français, s'est montrée très accueillante et également très efficace en termes de recherches de documentation.



Passés ces 4 jours de recherche intensive, nous avons décidé de ne pas pousser plus avant, notamment pour le scénario : le danger, en se plongeant dans de telles recherches, est de se laisser submerger par la foule d'anecdotes (étonnantes, parfois immondes, d'autres très touchantes) et de perdre de vue le fil conducteur de notre film (l'histoire de la mère de Denis et de sa famille, qui ressemble à beaucoup d'autres, mais qui a une spécificité et une unité que l'on doit conserver). Ainsi, nous avons fait en sorte de ne garder que les éléments essentiels pour crédibiliser l'univers. (Toujours en utilisant nos fameux post-its !)

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