A 17 km de Phnom Penh, cet ancien cimetière chinois a été le lieu d'atrocités terribles. Il est aujourd'hui un lieu de recueillement, avec notamment une immense pagode érigée à la mémoire des victimes (c'est un ossuaire où les gens peuvent venir prier), et un musée. Celui-ci retrace les grands axes de la période et montre des photos, des objets significatifs liés au site.
Choeung Ek est un endroit bouleversant : la nature a repris ses droits depuis les massacres passés. Elle est désormais plus luxuriante et plus belle que jamais. De grands arbres exotiques se balancent au gré du vent. Enclavé dans un tapis de verdure, un grand lac miroitant s'étend en bordure du site. Une quiétude mélancolique baigne ainsi les lieux.
Et pourtant, c'est un paysage profondément marqué, de tous côtés. Par petites touches, imperceptibles pour quiconque passerait sans s'arrêter.
Il y a encore de nombreuses fosses, très atténuées, recouvertes d'herbes et de feuillages. Jadis, des milliers de victimes y étaient jetées sans égard.
Les gardiens de Choeung Ek prennent soin de laisser ces éléments intacts. De laisser à la terre ses cicatrices humaines, pour que chacun puisse les voir. Et imaginer. Les visiteurs doivent ainsi bien faire attention à ne pas buter contre elles.
Contre toute attente, l'une des forces de ce lieu est son... audio-guide. Réalisé avec une intelligence rare, il vous propose un parcours balisé par des sites numérotés. Il n'y a plus aucune des constructions que les Khmers Rouges avaient élaborées pour parquer, torturer, organiser leur massacre à grande échelle. Il y a à la place des petites huttes ou de simples pancartes explicatives...
... et le guide audio qui vous raconte, en détail, ce qui a pu se passer. Il y a également des survivants qui témoignent. Aussi bien du côté des victimes que du côté des bourreaux.
On a écouté ces récits de vie avec attention. Ces voix ténues, enrayées par une mémoire encore traumatisée. Il nous a parfois été difficile de retenir notre émotion.
Nous sommes repartis, plus déterminés que jamais à mener Funan à son terme.









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